Le journal · un séjour de maison de campagne

Où accrocher un portrait, dans un séjour de campagne

Un paysage ne regarde nulle part. Un portrait, si, et c'est ce qui change tout au moment de choisir où l'accrocher.

Séjour de maison de campagne aux murs chaulés et canapé en cuir fauve, avec au mur le tirage encadré de l'autoportrait de Vincent van Gogh, 1887
Self-Portrait, Vincent van Gogh · tirage encadré Maison Soleil

Le seul tableau qui vous regarde

Un paysage ne regarde nulle part. Une nature morte non plus. Un portrait, si, et c'est ce qui change tout au moment de choisir où l'accrocher. La règle des deux tiers et la hauteur des yeux fixent la taille et la position sur le mur, et elles restent valables ici. Mais un visage peint ajoute une contrainte que les autres genres n'ont pas: la direction du regard.

Accroché au mauvais endroit, un portrait fixe une porte, une lampe, ou le vide au-dessus d'un fauteuil que personne n'occupe. Ce n'est pas un détail mineur: c'est souvent la première chose qu'un visiteur remarque, sans savoir dire pourquoi la pièce le met légèrement mal à l'aise.

Où doit tomber le regard

La règle est simple à énoncer, moins à appliquer: le regard du portrait doit tomber sur l'endroit où l'on s'assoit ou l'on passe, jamais sur un mur nu ou une fenêtre. Face à un canapé trois places, un portrait de face, centré, regarde directement qui s'y installe. C'est la configuration la plus sûre, et la plus facile à réussir du premier coup.

Cet autoportrait, peint par Van Gogh en 1887, s'y prête particulièrement bien: le visage est tourné presque de face, les yeux légèrement de côté mais le buste droit, ce qui donne un regard qui accroche sans jamais fixer durement. Ni trop frontal, ni fuyant.

Un intérieur rustique, une touche dense

Un séjour de maison de campagne aux murs chaulés, à la poutre apparente et à l'embrasure de pierre, pose une question différente de celle d'un salon haussmannien: la matière du mur est déjà présente, texturée, irrégulière. Une image lisse et froide s'y perd. Une touche dense, hachée et vibrante comme celle de Van Gogh à cette période, s'y accorde au contraire: elle répond à la texture du mur plutôt que de la contredire.

Cette version de l'autoportrait, conservée à l'Art Institute of Chicago dans la collection Joseph Winterbotham, date de l'été 1887 à Paris, une période où Van Gogh peint souvent sa propre image faute de modèle payant. La touche fragmentée, presque pointilliste, doit beaucoup à l'intérêt qu'il portait alors aux néo-impressionnistes.

Le format d'un visage, pas d'une scène

Une scène large, un paysage ou une composition à plusieurs personnages, a besoin de largeur pour tenir un mur de canapé. Un portrait fonctionne autrement: sa présence tient à la proximité, pas à l'échelle. Le 75 × 100 cm, à 259 €, reste possible sur un grand mur nu, mais il transforme un visage en présence presque grandeur nature, ce qui n'est pas toujours ce qu'on cherche dans un séjour.

Le 40 × 50 cm, à 135 €, ou le 50 × 70 cm, à 165 €, gardent au portrait son caractère d'objet qu'on regarde plutôt que de décor qui occupe le mur. Le plus petit format, 30 × 40 cm à 109 €, se réserve à un mur secondaire, un couloir ou un bureau, où l'on croise le regard de plus près.

Le cadre, sur un mur qui a du grain

Sur un mur chaulé et irrégulier, un cadre trop lisse ou trop sombre entre en compétition avec la matière plutôt que de s'y fondre. Les teintes chaudes, chêne naturel ou feuille métallique or, absorbent mieux les irrégularités de la lumière rasante qu'un cadre noir mat, plus à l'aise sur un mur plan et clair.

Les huit teintes disponibles sont photographiées côte à côte, à la même lumière, sur la page des matières: c'est la seule façon de comparer honnêtement un cadre chêne et un cadre or avant de se décider.