Une pièce, une œuvre, une lumière. Chaque article part d'un mur réel et finit sur le tableau qui lui va, avec son format et son prix.
Un mur de chaux, un canapé en velours, une femme qui lève les yeux de son livre. La lecture interrompue de Corot n'a pas besoin d'un salon savant pour trouver sa place, juste d'un mur tranquille et d'une hauteur juste.
Certains tableaux décorent, d'autres regardent. Le portrait d'Ira Aldridge peint par John Philip Simpson en 1827 appartient à la seconde famille, et c'est précisément ce qui lui donne sa place dans un salon.
Les scènes mythologiques ont la réputation d'être trop chargées pour un intérieur. C'est vrai des mauvaises. Les grandes, comme l'Hercule de Gustave Moreau, font exactement l'inverse: elles tiennent le mur et laissent la pièce tranquille.
C'est la question qu'on nous pose le plus souvent, avec toujours la même inquiétude: est-ce que ça ne va pas jurer ? Réponse avec un Rembrandt de 1631 sur un mur de brique blanchie.
On y passe dix secondes par jour et on ne s'y assoit jamais. C'est précisément pour ça qu'une entrée supporte l'image que le salon refuserait.
C'est le seul mur de la maison qu'on regarde couché, et le seul qu'on ne voit jamais en entier. Deux contraintes qui éliminent la moitié des images.
Moulures, cheminée en marbre, parquet en point de Hongrie: le décor est déjà écrit. La question n'est pas quoi ajouter, mais où poser la seule chose qui manque.
La brique est déjà une matière, une couleur et un rythme. On n'accroche pas dessus comme sur un mur blanc, et la moitié des images qui marchent ailleurs y disparaissent.
Un paysage ne regarde nulle part. Un portrait, si, et c'est ce qui change tout au moment de choisir où l'accrocher.
Un mur large, une assise basse, beaucoup de lumière. Le mur du canapé se rate plus souvent qu'il ne se réussit, et l'erreur est presque toujours la même.