Le journal · un loft de brique

Quel tableau sur un mur de brique, dans un loft

La brique est déjà une matière, une couleur et un rythme. On n'accroche pas dessus comme sur un mur blanc, et la moitié des images qui marchent ailleurs y disparaissent.

Loft de brique, canapé en cuir caramel et table basse en acier noir, avec au mur de brique le tirage encadré des Acrobates au Cirque Fernando de Pierre-Auguste Renoir
Acrobats at the Cirque Fernando (Francisca and Angelina Wartenberg), Pierre-Auguste Renoir · tirage encadré Maison Soleil

Un mur qui a déjà son avis

Un mur blanc ne demande rien. Un mur de brique, si. Il a un grain, une couleur chaude qui va du rouge au brun, et un rythme de joints qui traverse tout le champ. Une image posée là ne se pose pas sur un fond, elle se pose sur une autre image.

D'où l'erreur la plus fréquente dans un loft: on choisit une pièce fine, claire, silencieuse, celle qui allait très bien dans l'appartement précédent. Sur la brique, elle s'efface en une semaine.

Ce que la brique accepte

Trois choses tiennent devant un mur de brique: une image qui a sa propre densité, une gamme qui reprend la chaleur du mur au lieu de la nier, et assez de clair à l'intérieur pour respirer.

La brique tire vers l'orangé. Une œuvre à dominante froide, bleu acier ou gris de plomb, se bat contre elle et les deux y perdent. Une œuvre qui contient déjà de l'ocre, du sable ou du jaune s'installe comme si elle avait été peinte pour ce mur. C'est de la température de couleur, pas du goût.

Le clair compte tout autant. Sur un fond aussi occupé, une image entièrement sombre devient un trou: il faut une plage lumineuse dedans pour que le tableau se détache.

Deux acrobates sur un sol de sable

Acrobats at the Cirque Fernando, peint par Renoir en 1879, fait les trois à la fois. Le sol de la piste occupe presque toute la toile en ocre et en sable, très exactement la température de la brique. Les deux costumes, blanc, bleu pâle et jaune, apportent la zone claire qui manque au mur. Les quelques oranges au sol donnent l'accent, sans crier.

L'Art Institute of Chicago, qui conserve la toile dans la Potter Palmer Collection, identifie les deux enfants: Francisca et Angelina Wartenberg, filles d'une famille d'artistes de cirque, sur la piste du Cirque Fernando à Montmartre. Le musée rapporte que les oranges tenues par la plus jeune lui avaient été lancées par le public.

Le format, sous un plafond haut

Un loft trompe l'œil. Le plafond est à quatre mètres, le mur paraît immense, et on accroche trop haut pour tenter de le remplir. Le plafond ne compte pas. Ce qui compte est l'assise en dessous et l'œil de celui qui regarde: centre de l'image à 150 cm du sol, une vingtaine de centimètres au-dessus du dossier.

La toile est verticale, plus haute que large, ce qui tombe bien: c'est le sens qui tient un volume haut. Dans nos quatre formats, le 75 × 100 cm est le seul qui occupe seul un mur de loft, à 259 euros. Le 50 × 70 cm, à 165 euros, demande une deuxième pièce à côté pour ne pas flotter. Le 40 × 50 cm à 135 euros et le 30 × 40 cm à 109 euros sont faits pour une entrée ou un couloir.

Le cadre, et le trou dans le joint

Nos tirages n'ont pas de marie-louise: l'image touche la moulure, comme expliqué sur la page des matières. Sur la brique, c'est donc la teinte du cadre qui sépare, et une moulure pâle laisse le mur manger les bords. Le noyer et le chêne naturel reprennent la chaleur de la brique, le noir répond aux menuiseries d'acier d'un loft.

Pour cette œuvre, prenez la feuille or plutôt que l'argent: la piste ocre et les carnations claires sont ce que le reflet chaud sert le mieux.

Reste le geste. On ne perce pas la brique, on perce le joint de mortier: il est plus tendre, il se rebouche, et la cheville y tient sans faire éclater le parement. La pièce arrive montée sous verre acrylique, attache posée, à plat en cinq jours ouvrés, port compris, comme détaillé sur la page livraison.